Le blog en deux clics...

Leur pays c'est l'hiver

Leur pays c'est l'hiver. Les pessimistes diront que les quatre saisons du Québec sont : avant l'hiver; pendant l'hiver; après l'hiver; en attendant l'hiver. A l'heure où chacun ne peut que constater à vu d'oeil cette blancheur glaciale se sublimer au soleil printanier, le moment est au calcul. Personne n'a vu autant de neige ici depuis (officiellement) 1970-1971. 375 cm pour Montréal et plus de 5 mètres pour la ville de Québec. " Je parle d'un temps, que les moins de 40 ans ne peuvent connaître". Tout les jours, les commentaires sur la météo étaient agrémentés de quelques "j'ai jamais vu ça !" À commencer par la précocité des premières précipitations. Dès mi-novembre, la magie de l'hiver envahissait les rues de Montréal et les conducteurs déneigeaient presque avec plaisir cette poudreuse annonciatrice de longues soirée au chaud, de longs soupers de famille, et de grasses matinées interminables. Noël n'était même pas encore arrivé que la neige ne faisait plus le bonheur de ces gens qui devaient se lever une heure plus tôt que la moyenne pour pelleter la voiture. Des petits panneaux oranges illustrés d'un signe que tout le monde associe à "No parking" et d'une tranche horaire 7h-19h, invitent les automobilistes à laisser la place aux déneigeuses. À 7h30 commencent le chant des sirènes des fourrières, appelant ceux qui ne savent pas lire le panneaux orange à se sortir les doigts du cul et de se pointer en pyjama dans la rue sous les regards des voisins réveillé par sa faute. A ces gens-là, je leur dis merci... Les tempêtes passent, les centimètres s'accumulent, les annoncent publicitaires vantent des prix imbattables vers le "Sud", les souliers rouillent sous le sel et le monde commence a trouver ça crissement long. La lassitude des gens se voit dans leur yeux et se ressent dans leur attitude. De mi-novembre a fin mars le melting-pot bouillonnant de Montréal est uni autour de la joie de l'hiver. D'où qu'on vienne, qui que l'on soit, on marche tous sur la même marde blanche. Après de longues semaines où le mercure n'affichait guère plus que -10° (avec souvent un facteur humidex de -20°/ -25°), le passage au-dessus de 0° paraît surréaliste. Néanmoins le printemps arrive a grand pas. Rien ne sert de regarder le thermomètre afin de s'en rendre compte. Les meilleures baromètre restent le moral des gens, la réouverture des terrasses, et le monde en T-shirt. La neige fond, fond et fond, et laisse réapparaître rapidement un sol dont plus grand monde ne se souvenait de sa couleur. Parfois certains jardins dévoilent des décorations de Noël et même d'Haloween oubliés sous les strates hivernales. Les montagnes de neige (derniers vestiges de cet hiver historique) accumulées par les déneigeuses gonflent les égouts et les rivières en aval de Montréal, et le monde regarde le ciel en priant pour ne pas recevoir une ultime tempête telle une gastro après la grippe.

Mon quotidien



7h25, mon cellulaire me réveille au son de Feist. Aujourd'hui j'ouvre le kiosque à 10h. Avec une rapidité matinale faisant honneur à la literie IKEA, je saisi mon laptop et me met en quête des nouvelles du jour, de la météo et des mes couriels. Je fais un clin d'oeil à mon fond d'écran et lance internet. C'est bel et bien la bouche pâteuse et les plis des draps maganés sur la gueule, que je me lance la tête la première dans ce vaste petit monde de l'information. Il a neigé cette nuit et les nuages chargés de flocons ont laissé la place à un grand ciel bleu, rosé par les premiers rayons du soleil. Pied droit le premier à terre, j'entreprend d'une démarche hésitante une migration vers la cuisine pour lancer la cafetière. Je me débarrasse de la shape matinale à l'aide d'une bonne douche, suivi d'un café préparé tout juste avant (motion inutile pour ceux qui suivent). Miracle du moment, j'ai assez de temps pour me faire un bagel au beurre que je déguste en écrivant quelque couriels. En enfilant mes chaussures et mon cul de Mammouth, je croise Van qui, au sortir de sa chambre, me laisse imaginer la splendeur avec laquelle j'ai moi-même dû me décâlisser du lit. Après un high five et un bonjour au-revoir en langue du 3941, me voilà sur le palier. Il fait dehors un petit -12° (-19° en ressenti), j'enfile les gants élégants, je remonte le zip du cul de mammouth, lunette de soleil, et en guise de cache-oreilles, les écouteurs d'où sort toujours le son qu'il faut.

Sur le chemin vers le métro la neige crisse sous mes souliers blanchis par le sel. Je n'ai jamais été aussi loin de la mer et jamais vu autant de sel... c'est fou non ? (pas obligé de répondre). Comme prévu, le complot national m'empêchant d'avoir le métro s'arrange pour que celui-ci ferme ses portes juste a ma descente de l'escalator. Parfois ils arrivent à faire une bonne job afin que la même chose se reproduise au changement de ligne station Lionel-Groulx. Le métro, c'est le bonheur du contemplatif : tellement de monde à analyser et à observer que j'en oublie parfois ma lecture sur les aventures révolutionnaires d'Ernesto. "Sept heure et demie du matin métro de Montréal; c'est plein d'immigrants; ça se lève de bonne heure; ce monde là; Le vieux coeur de la ville; battrait-il donc encore; grâce à eux [?]...." (Inscription métro Mont-Royal). Dans une rame de métro se croisent des regards frustrés d'un quotidien que certains ne choisissent pas. Réconfortant. Une effluve de dessous de pont me signal que la personne assise derrière moi n'a pas croisé le chemin d'une douche depuis... longtemps. À l'aide d'une feuille de journal sur laquelle on peut lire les fastes aventures d'un chef d'État avec une pitoune, il s'essuie le surplus d'écoulement nasal de sa moustache qui à connu des aventures d'une tout autre espèce. Écoliers, étudiants, stressés, camés, bouddhistes, geeks à la recherche d'une citadelle de solitude, itinérants en guenille ou en costume trois pièces... tout ce p'tit monde continu vers Honoré-Beaugrand, au moment où je descend station Radisson. Miracle spatio-temporelle, me voici avec assez de temps devant moi pour profiter du grand soleil matinal et me rendre à la job à pied.

Banlieue pavillonnaire de classe moyenne nord-américaine très classique. Ce qui retiendra l'observation d'un européen sont ces tentes blanches en toile de nylon dressées au dessus de la descente de garage de 4 maison sur 5. Ces atrocités appelées Abris Tempo fleurissent à l'automne et fanent au printemps. Elles servent à éviter l'enneigement devant le garage, que la souffleuse parviens tout de même à obstruer de neige brunâtre. Une heure de déneigement pour les chauffeurs de ces Chevrolet, Dodge, Pontiac et autres véhicules à la consommation très... démesurée. En résumé, l'Abri Tempo est au Hangar ce que McDo est à la gastronomie raffinée. Le bus me dépasse et je profite toujours du temps. Anjou. Le piéton arrivant à Anjou est accueillit par les refoulements des fritures d'une "Belle-Pro" (vous vous rappelez ?). Plus loin, un McDo, un Wendy's et un Tim Horton's... Ô que le pot-au-feu cuit à la cheminé me paraît d'un autre monde. Au dessus de moi passent boeing, airbus, pigeons et autres volatiles amorçant leur descente sur l'aéroport Trudeau, à l'autre bout de la ville.

Les Galeries d'Anjou. À première vue les Galeries d'Anjou semblent être un centre commercial des plus banales. Il l'est. Il fut l'un des premiers à être mis sur pied à Montréal, à une époque où l'on se souciait encore de la survivance des petits commerces. Un sas de décompression à 40° permet une transition "en douceur" entre le dehors et le dedans. Les magasins ne sont pas encore ouverts que mes p'tits vieux font déjà les cent pas sur le carrelage trop propre. Le hall central s'est vidé des décorations de Noël et a laissé place à une exposition sur le Nascar. A peine les grilles du kiosque ouvertes, le téléphone sonne. Au bout du fil, un p'tit vieux qui ne sait pas faire fonctionner sa souris sans fil. Après lui avoir donné quelques conseils et surtout le très utile numéro du service à la clientèle, je m'attends à le voir se présenter au kiosque une heure plus tard avec son estie d'souris. Aujourd'hui le centre est assez calme, ce qui me permet de discuter avec mes clients d'autres choses que d'ordinateurs, notamment leur vie, le Québec et son avenir, le hockey, le monde. Midi approche et la relève avec. Nabil et Daniel font leur entrée dans la ronde alors que Jean Luc le Big Boss m'invite à manger au Bâton Rouge. Discussion sur les chiffres du kiosques, sur l'évolution de chacun des représentants et de mon avenir en France et bien sûr LE burger Bâton Rouge que j'ai toujours du mal a finir. Au retour au kiosque, clients et problèmes font souvent bon ménage. Rencontrer et surtout résoudre les problèmes des clients me permet un meilleur apprentissage des logiciels et une expérience tant recherchée, introuvable en France. Quel est le client typique ? Souvent ce client arrive lentement les mains derrière le dos et dis qu'il ne fait que "regarder" au lieu de répondre à mon "bonjour". Après un long dialogue sur ses besoins, la technologie et la concurrence, il repars avec une soumission dépassant 2500$. Après deux heures, il revient avec un chèque annulé et une pièce d'identité pour financer son achat car être accepté à 28.99% lui paraît comme un don du ciel.
Le plus souvent il reviendra deux-trois fois surtout le matin pour savoir comment faire fonctionner sa sourie sans fil... Le téléphone sonne : au bout, JP me saluant avec un son de grincement de porte, voulant parler de la pluie et du beau temps, car même s'il dis avoir du travail de malade à Québec, je sais très bien que souvent il me le dis seulement pour m'écoeurer et me faire culpabiliser de ne pas être venu à la capitale travailler avec lui. Après avoir effectué mon suivi de commande dans les règles de l'art, je m'octroie une partie de Golf sur X-Box 360 branchée à un écran 42"... mais Nabil me défie au Guitar Hero installé sur le XPS 1730 (grosse grosse grosse grosse grosse machine). J'avoue qu'en dehors des rush nous devons passer pour des gros fainéant aux yeux des autres. Bon ok là je met en scène une journée de relâche, mais j'aurais pu écrire sur les folles journées de la rentrée scolaire ou de Noël avec des files d'attente de deux heures de client impatients tenant en main soumission et carte de crédit. Et si nous passions toutes nos journées à rien faire, le kiosque d'Anjou ne se ferait pas fait remarqué pour ses performances comme c'est le cas aujourd'hui. Voyant Jean Luc se préparer pour rentrer chez lui, je sollicite l'envie de finir plus tôt, et surtout de bénéficier de son char pour qu'il me ramène au moins jusqu'au métro (c'est sûr qu'il va me ramener chez moi de toute façon, j'suis sur sa route). J'adore être en char avec Jean Luc car j'en apprend autant en 20 minutes sur les québécois qu'en une semaine avec mes clients. En tout cas sur la conduite en voiture des québécois j'ai rien à apprendre. Messieurs les Européens pointilleux du Ô majestueux code de la route français et de sa rigueur... prenez le métro. À la volée : la conduite physique sur neige, les feux après intersection, pas de propriété à droite, panneau "ARRÊT" où personne ne marque le "stop"...




Une fois déposé devant le 3941, je m'empresse de rejoindre tout le monde devant la game de hockey. Garrett, Van, Max et Oli me font un accueil flakendwattle (sic) et m'annoncent que le Canadien de Montréal (l'équipe de hockey de Montréal) mène déjà 2-0 après dix minutes de jeu. Sur la table du salon : bières et Sun Chips achetées au Dépanneur du coin que je n'ai jamais entendu dire autre chose que "bonjour... bye". C'est la fin de la saison et chaque victoire est cruciale. Ce soir, jeu blanc pour Huet, le goaler, seul frenchi de l'équipe. Alors que Van s'extasie devant les frères Kostitsin, Kovalev et Komisarek, les commentateurs sortent statistiques et pronostiques appuyants les chance du Canadien de participer aux séries. Bilan de la game : 3-0 Montréal... ca sent la coupe... Le match est fini depuis une heure mais les résultats des autres rencontres ne cessent de défiler en images. Quasiment minuit, l'appel IKEA se fait entendre du fond de la couette et m'ordonne de m'effondrer dans les bras de Morphée.




Demain sera un autre jour.

3941 ... Ma chambre















Silence, ça tourne...

Je tiens à m'excuser de ce long moment de silence. Ne pensez pas que j'm'en câlisse de vous autres de l'autre côté de l'océan, mais lorsque j'écris quelque chose je préfère que le tout mûrisse quelque temps et peser les mots et les tournure. En gros, si on veut pas bouffe d'la marde faut prendre le temps de cuisiner.

Merci de votre compréhension.

L'automne à Montréal...







































Québec





Mon premier contacte avec Québec fut lors de la très éthylique festivité de la St. Jean. Fin Aout je pris la direction de la capitale avec Jean-Luc afin de prêter main-forte au kiosque de JP. Dix jours plus tard je reprends le même chemin pour les mêmes raisons cette fois-ci seul. Beaucoup de job, journées biens remplies, soirées courtes mais néanmoins intenses, ''Le cœur a ses raisons'' (explication suivra dans un prochain billet), longues marches a travers Québec. Tout ça pour pouvoir dire de Québec ce que tous les Québécois et montréalais disent : ''Québec c'est bien plus calme que Montréal''. Je mets en garde les Européens qui projettent de venir à Québec afin d'y être dépaysés; allez plutôt voir Rochefort-en-terre, Locronan, Quimper, Rennes, Nantes... Que trouve-t-on à Québec : des touristes des États voulant voir à quoi ressemble l'Europe, des japonais maniaco-photographes, des gens que l'on ne connait pas nous disant bonjour, ces mêmes gens qui reprochent à Montréal d'accueillir des gens ''différents'' dont les patronymes trahissent leurs origines ensoleillées. L'on trouve a Québec les décors de cinéma idéal afin de créer l'illusion d'être en France, comme dans ''Arrête moi si tu peux'' de S.Spielberg, l'on peut contempler une enceinte, des canons n'ayant jamais servit, un champs de bataille commémorant la plus humiliante défaite de l'armée française convertit en haut lieu de l'identité et fierté québécoise; selon plusieurs études phallo-centrées les femmes de Québec seraient les plus belles du monde... en tout cas entre Québec et Montréal la bataille est intense. L'an prochain la ville de Québec fête son quadri-centenaire avec l'honneur d'être l'un des plus ancien établissement permanant d'Amérique de Nord. Rien a voir bien sur avec les 3000 ans de Marseille, les 1500 ans des évêchés de Bretagne, les 5000 ans des alignements de Carnac, mais sur le continent de la démesure, au coté de ses géants voisins Québec se démarque grâce à l’exception anachronique qu'elle représente. Je lui souhaite de ne jamais changer.



Dell (métro... boulot... )

Je me rappel de ma première conversation sur MSN avec JP, et surtout d'une de ses questions : '' Ça te dirait de travailler chez Dell ?'' Une fois sur place, je me suis rappelé ce que j'avais lu sur la recherche d'emplois au Québec, c'est-à-dire qu'il ne fallait pas rechercher exclusivement dans son domaine afin d'éviter quelconques déceptions et d'élargir ses chances. Une bonne cinquantaine de CV en main, des chaussures bien lassées, lunettes de soleil, iPod, et roule ma poule pour la recherche d'emplois. Façon très primaire de chercher, mais néanmoins efficace, il suffit de checker ''aide recherchée'' en vitrine, entrer, discuter, et laisser un CV. Tout y passe, bars, pubs, magasins, sites internet. J'avoue que le mois de juillet ne rimais pas avec relaxation zen, mais plutôt avec stress du compte en banque vide et nécessité de trouver une job, n'importe quoi. Mettons de coté le n’importe quoi pour ce qui suit. Un matin JP m'appelle et me dit : ''Mon chum a midi tu passe en entrevue, soit ponctuel''. Grand moment de solitude. Petite salle, quatre convives dont un néophyte plein d'appréhension, les questions fusent et trouvent leurs réponses sans l'ombre d'une hésitation. Deux semaines s'écoulent, pendant lesquelles j'ai redoublé d'intensité en matière de distribution de CV. Au moment ou le moral côtoie les bas-fond de l'envie de faire ses bagages et de prendre un retour vers Roissy-Charles-de-Gaulle, un simple message ''Hi Damien I'm Carmen from Dell, I've got good news for you, please call me back...'' permet de relancer la chaudière. Nouvelle job, nouveaux visages, nouveau monde, nouveau kiosque, mais le nom de la place m'est plus que familière. ''Les galeries d'Anjou'', non loin de la rue du Layon et celle de la Nantaise, est mon lieu de travail avec Slim, Nabil, Jenny et Jean-Luc, notre team leader. à suivre...

Aout - septembre ou le monde en mouvement

Une fois le mois de juillet achevé, riche en festivités, soirées en tout genre, recherche d'emplois, entrevues... s'est profilé dans l'horizon le mois d'aout. Tout d'abord, ce mois est désormais synonyme de job, mais aussi de départ. En effet, grâce à JP qui m'a permit d'avoir une entrevue chez DELL, me voila désormais représentant pour cette même compagnie. De plus, du fait de cette même firme, JP a du quitter la colocation afin de s'établir à Québec avec la responsabilité de team leader du kiosque Dell Place Laurier. De mon coté, avec Van, l'heure était à la recherche d'un nouveau coloc. Entre mes journées de travail très chargées et les allées et retours a la buanderie, les réponses de recherche de colocations arrivaient au compte goutte. Quelques visites, des gens agréables, sympathiques, d'autres beaucoup moins. Un matin, alors que je me préparais à une journée de vente acharnée, Van m'appelle près de l'ordi : '' Check ça man ! C'est un anglo mais il a l'air vraiment nice.'' Mouais ok on verra ça ce soir... van ayant déjà rencontré une couple de fois le fameux prétendant au 3941, il ne restait plus que mon aval afin que Garret entre dans la danse. Quinze minutes ont suffit; l'affaire est dans l'sac dès le 1er septembre. Bienvenue donc a Garret, alias Crwabbet.








De passage à Montréal, Agnes, copine de cours chiants de fac d'Histoire d'Angers-City, a séjourné au 3941 durant une couple de jours. Que cela a fait du bien de voir un visage familier !!! Merci Agnes !!! Les gens, allez visiter le blog d'Agnes qui subit la rudesse du climat de St. John au New-Brunswick :


Montréal #1

Montréal. Ni Paris, ni Angers, ni même capitale mais rayonnant de loin pour sa douceur de vivre, ses festivités, ses belles femmes et son fourmillement tranquille. Au coin de Ste. Catherine et McGill se croisent anarchistes, jet-setteurs, hommes d'affaire, itinérants, juifs orthodoxes, exilés américains fuyant l'administration Bush, des français toujours trop bruyants, stars locales de hockey, de TV, de cinéma... tant de modes et d'origines diverses déambulant sous le regard tranquille du Mont-Royal.
Ses quartiers aussi variés que la population mélangent des odeurs de mets des quatre coins du monde, de marijuana, de bitume et de sous bois humides. Le cri des mouettes vient prolonger les sirènes des voitures de polices ou des immenses camions de pompier. Des gammes au piano et guitare résonnent dans le quartier latin, où Aznavour aurait pu composer sa fameuse bohème. Non loin de là, dans le Village, un couple d'homosexuels dans la cinquantaine s'embrasse sous un tag "Le Québec au Québécois", vestige d'un rêve avorté dans la douleur. Les "gangs" de rue font trembler les Ontariens ébahis devant les mœurs libertaires des montréalais(es).

Le nom des rues témoignent d'origines que nous connaissons très bien. René Lévesque est toujours interdit de séjour dans Westmount, ghetto d'Anglos qui ont trop vite oublié qu'ils ont pendant des siècles martyrisé plus d'un peuple. Mille clochers sans cloches. Mille parcs aux mille fontaines. Mille balcons classés monument historique. Monuments à chaque coin de rue. Rues se croisant sévèrement à angle droit. Droit d'être soi-même sans complexes. Montréal, que j'aime déambuler dans tes rues, te découvrir tel une poupée russe XXL sans fin. Tu porte les cicatrices de combats tant précieux, en toi sommeil un avenir tant convoité…

Big J Big V et Big D


Merci à Marie-Claude pour ces magnifiques photos prises au Café Campus !